A livre ouvert.

 

J’ ai pris un recueil de poésie
au hasard - c’ était "La vie immédiate"
de Paul Eluard. Je l’ ai ouvert, 
toujours au hasard, page 165.
Le poème s’ intitule "Telle femme". 
Je l’ ai lu. Je tenais le livre ouvert
de la main gauche, tout en continuant
à caresser, de la main droite, 
le pied gauche de ma femme,
allongée sur le côté, en train
de regarder la télé. Elle regardait le
premier épisode de la saison un
de "NCIS : Tony & Ziva", une série
Nord-Américaine transparente
et (déjà) essouflée. Et donc 
"Telle femme" de Paul Eluard. 
Et donc tout le souffle de la poésie
au bout de mon bras :
"Je te parlerai de tes yeux 
Sois sans visage si tu veux 
De leur couleur contre le gré". 
Et je me suis senti de retour, 
indestructible, intouchable, 
je me suis senti présent :
"Je parle de te voir
Je te sais vivante
Tout existe tout est visible
Il n’ y a pas une goutte de nuit dans tes yeux

Je vis dans une lumière exclusive la tienne."


Et j’ ai senti toute l’ intensité de ces mots,

je me suis senti de retour, 

indestructible, intouchable.

Je me suis senti vivant.

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